Le fablab’ke et le secteur STEAM en danger !

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Carte Blanche

Monsieur le Ministre-Président,
Le développement économique de nos régions passera par la technologie,
l’innovation et la science. Or, il n’y a pas de science sans éducation, pas d’innovation
sans transmission, pas de technologie sans connaissances. Plus fondamentalement,
il n’y a pas de souveraineté sans formation des imaginaires, des vocations et des
compétences.
En 2003, Bruxelles a eu la clairvoyance de se doter de l’organisme public devenu
Innoviris, chargé de financer la recherche, l’innovation et la diffusion scientifique
dans la capitale. Depuis lors, Innoviris a soutenu une multitude d’activités : ateliers
d’initiation, stages scientifiques, fablabs pédagogiques, animations scolaires,
festivals. La part du budget total qu’Innoviris consacre à la diffusion scientifique est
de l’ordre de 3 millions d’euros par an. C’est un effort modeste, mais décisif, qui
rencontre un succès populaire incontestable : chaque année, plusieurs centaines de
milliers de Bruxelloises et de Bruxellois participent à ces initiatives.
Pourquoi investir dans la diffusion des sciences ? De nombreux arguments existent,
mais le plus simple est le suivant : il est vital, pour une ville comme Bruxelles, de
favoriser les vocations dans les disciplines STEM (science, technologie, ingénierie et
mathématiques). Or la pénurie de profils scientifiques et techniques s’aggrave en
Europe ; le rapport Draghi de 2024 rappelle que les pénuries de compétences
comptent parmi les freins majeurs à la compétitivité du continent. Dans ce contexte,
la progression de 50 % des inscriptions dans les filières STEM à Bruxelles entre
2014 et 2022 est un signal encourageant qui appelle à poursuivre l’effort.
Lors des dernières élections, votre parti a pris la mesure de cette problématique et
votre programme appelait à « développer massivement les filières STEM ». Or, en
2026, Innoviris annonce qu’« aucun nouveau projet ne pourra être financé dans le
courant de l’année 2026, aucun nouvel appel ne sera lancé et l’ensemble des
guichets sera suspendu ». Comment comprendre qu’on proclame le caractère vital
de ces disciplines en 2024 tout en tarissant, deux ans plus tard, les dispositifs qui en
favorisent l’accès ? C’est précisément là que réside la myopie de cette décision :
supprimer un levier tel que celui offert par Innoviris au moment précis où la demande
explose, c’est aller à rebours de ce que la situation exige.
Les conséquences de la rupture proposée seront immédiates et, pour beaucoup,
irréversibles. Des équipes expertes et passionnées seront réduites ou licenciées.
Des lieux ancrés dans leurs quartiers fermeront leurs portes. Des partenariats
patiemment construits avec les écoles, les associations et les Bruxelloises et les
Bruxellois seront interrompus. Même si l’arrêt est annoncé comme une pause, il
s’agit en réalité d’une condamnation : une fois la machine enrayée, il est
excessivement difficile, et disproportionnellement coûteux, de la remettre en route.
Rencontrer une chercheuse chevronnée, découvrir une science dans un atelier hors
cadre scolaire, disposer d’un espace pour fabriquer et expérimenter : ce ne sont pas

des anecdotes. Ce sont des déclencheurs de vocation. Or, l’accès à ces
déclencheurs est loin d’être équitablement réparti. Votre décision frappe donc
particulièrement les publics les moins favorisés. Pour un jeune d’une famille qui ne
dispose ni des ressources économiques ni du capital culturel pour ouvrir ces portes,
les initiatives soutenues par Innoviris représentent parfois la seule occasion de voir
son champ des possibles s’élargir. Les supprimer, c’est dresser une barrière
supplémentaire sur un chemin déjà difficile — et accentuer une fracture sociale que
la Région doit oeuvrer à résorber.
Nous entendons les contraintes budgétaires et la complexité institutionnelle de la
Région. Certains pourraient objecter que la diffusion scientifique relève de
l’enseignement, donc de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais les initiatives
menacées débordent largement le cadre scolaire : elles touchent à l’innovation, au
développement économique, à l’inclusion et à l’employabilité — autant de
compétences régionales à part entière.
C’est pourquoi, Monsieur le Ministre-président, nous vous formulons trois demandes
réalistes :
– qu’il n’y ait pas d’année blanche et que les budgets nécessaires pour terminer
l’année 2026 soient débloqués avec effet immédiat ;
– que les objectifs poursuivis par la Région soient clarifiés afin de permettre aux
acteurs de terrain d’adapter leurs stratégies ;
– qu’une transition réelle, concertée et soutenable soit mise en place, plutôt
qu’une rupture sèche dont le coût humain, social et stratégique serait
considérable.
Nous nous tenons à votre disposition pour en discuter. Notre objectif, comme le
vôtre, est le bien commun de Bruxelles — et ce bien commun commence par donner
à chaque jeune de Bruxelles la possibilité de se projeter dans l’avenir qu’il mérite.


Signataires (liste en construction) 
(135 signataires au 20/04/2026)

Axel Abels (ULB)

Bernadette Anbergen (Science on Stage Belgium)

Fatima Aouriagal (Les Petits Débrouillards Belgique)

Philippe Baret (UCLouvain / SYTRA)

Emmanuel Beeckmans (Inforsciences)

Laurence Belalia (Jardin Massart)

Yves Belleflamme (EPHEC)

Ingrid Bertrand (EPHEC)

Max Bienfait (HE2B)

Olivier Bonaventure (UCLouvain / EPL)

Denis Bonheure (ULB)

Gianluca Bontempi (ULB)

Maya Boueiz (Inforsciences)

David Cannella (ULB)

Jean Cardinal (ULB)

Corentin Caudron (Inforsciences)

Cathy Clerbaux (ULB)

Sébastien Clesse (ULB)

Gérard Cobut (Association des professeurs de biologie – PROBIO ASBL)

Martin Colot (ULB)

Patricia Corieri (La Scientothèque)

Axel Coussement (ULB)

Valentin Couvreur (UCLouvain / ELI)

Jean-Christophe de Biseau d’Hauteville (MuZoo – Museum de Zoologie et d’Anthropologie de l’ULB)

Adèle De Bont (ScienceInfuse)

Tristan De Harlez (Jardin botanique Jean Massart)

Christophe De Jonge (Cap Sciences)

Julie De Saedeleer (Inforsciences)

Dirk Deblieck (MCCS)

Matthieu Defrance (ULB)

Simon Dellicour (ULB / KU Leuven)

Henry Del Marmol (ULB)

Alain Delchambre (ULB)

Éric Deleersnijder (UCLouvain)

Ingrid Demulder (ULB)

Stéphanie Delsarte (HE VINCI)

Raymond Devillers (ULB)

Jean-Rémi Dierickx (XP – Expérimentarium de Physique de l’ULB)

Anouk Distelmans (UCLouvain)

Aurélie Dobritch (ScienceInfuse)

Isabelle Donnay (UCLouvain)

François Durant (EPHEC)

Benjamin Elias (UCLouvain)

Gwilherm Evano (ULB)

Chloé François (Université des enfants)

François Fripiat (ULB)

Nathalie Galland (EPHEC)

Gilles Geeraerts (XMI – Expérimentarium de Mathématique et d’Informatique)

Nicole Gesché-Koning (Réseau des Musées de l’ULB)

Rachelle Heim (ULB)

Clara Hanon (ULB)

Jacques Houard (Association Belge des professeurs de physique et chimie)

Anne-Laure Jacquemart (UCLouvain)

Philippe Jadin (Fablab’ke)

Anne-Cécile Jeandrain (EPHEC)

Mathieu Jonard (UCLouvain)

Alice Jones (ScienceInfuse)

Nadine Khouzam (CodeNPlay)

Stéphanie Krins (STEAM Lab / Fab Lab)

Pascal Lambrechts (UCLouvain)

Guy Latouche (ULB)

Anne Legrève (UCLouvain)

Jean-Christophe Leloup (XC – Expérimentarium de Chimie de l’ULB)

Julien Leresteux (Fablab’ke)

Laurent Licata (ULB)

Alexia Liévin (ULB)

Guillaume Lobet (UCLouvain)

Michèle Loneux (MuZoo – Muséum de Zoologie et d’Anthropologie de l’ULB)

Pauline Mackelbert (STEAM Lab / Fab Lab)

Ilker Makine (Tekno-Family ASBL)

Jérôme Mallefet (UCLouvain)

Olivier Markowitch (ULB)

Isabelle Marsiat (EPHEC)

Thierry Massart (Inforsciences)

Patrick Meyfroidt (UCLouvain)

Yannick Molinghen (ULB)

Alejandro Morales Hernandez (ULB / Machine Learning Group)

Marie Moreaux (ULB)

Cécile Moucheron (ULB)

Pasquale Nardone (ULB)

Nicolas Nikis (ULB)

Nausicaa Noret (ULB)

Antonio Nunez Valderrama (Les Petits Débrouillards Belgique)

Nathalie Nyst (ULB)

Dimitrios Papadimitriou (ULB)

Christophe Petit (ULB)

Julien Petrequin (Fablab’ke / FabWest)

Frédéric Pluquet (ULB)

Quentin Ponette (UCLouvain)

Anne-Sophie Radermecker (ULB)

Thejaswini Raghavan (ULB)

Céline Rase (ULB)

Jean-François Rees (UCLouvain)

François Renoz (UCLouvain)

René Rezsohazy (UCLouvain)

Marine Roosens (Musée de la Médecine)

Aurélie Rousseaux (ULB / Culture)

Vinciane Scheuren (ScienceInfuse)

Nicolas Schtickzelle (UCLouvain)

Aude Simar (UCLouvain)

Cédric Simar (ULB)

Yvik Swan (XMI – Expérimentarium de Mathématique et d’Informatique)

Denis Terwagne (STEAM Lab / Fab Lab)

Michael Terzo (HE2B)

Alexia Totte (Jardin Massart)

Gaëtane Van Caubergh (Jeunesses scientifiques)

Emmeline Van den Bosch (UCLouvain)

Marnik Vanclooster (UCLouvain / AGRO-Louvain / Earth & Life Institute)

Sébastien Vannoorbeeck (Jeunesses scientifiques)

Stéphane Vandevuer (ULB)

Sophie Vanwambeke (UCLouvain)

Sibylle Varennes (EPHEC)

Tanguy Varrasse (ULB / Inforsciences)

Dimitri Verboomen (Bibliothèques Sans Frontières)

Enrico Vitale (UCLouvain)

Thierry Visart de Bocarmé (ULB)

Grégoire Wallenborn (ULB)

Renate Wesselingh (UCLouvain)

Philippe Wilock (Science on Stage Belgium)

Qiuzhen Yin (UCLouvain)

Violette Zunz (UCLouvain)

Xhulio Kapedani (ULB)

Thierry Libert (ULB)

Danielle Fauconnier (Citoyenne)

Frédéric Dobruszkes (ULB/FNRS)

Dimitri Leemans (ULB)

Steeve Bonneville (ULB)

Eleftheria Draguioti (Professeure)

Denis Fournier (ULB)

Simone Gutt (ULB)

Joel Fine (ULB)

Eric Muraille (ULB)

Étienne Toffin (ULB, Boutique des Sciences)

Frank Pattyn (ULB)

Bernard Knaepen (ULB)

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